** Aux amis Français: Bonnes adresses pour se procurer des produits Michel Jodoin au bas de la page.
(Voir notre reportage photo sur la cidrerie-distillerie Michel Jodoin)
R&B: Bonjour Michel Jodoin et merci d’avoir accepté notre entrevue.
MJ: Merci à vous. C’est un plaisir.
R&B: D’abord, pour nous donner une idée, quelle quantité de cidre produisez-vous annuellement?
MJ: On produit entre 150 000 et 175 000 bouteilles de cidre annuellement.
R&B: Actuellement, et sans mauvais jeu de mot, quels sont les meilleurs débouchés pour vos bouteilles?
MJ: Dans notre cas, attirer les gens à la propriété a toujours été notre meilleur débouché. Bon an mal an, nous recevons environ 30 000 visiteurs, une clientèle fidèle qui revient d’année en année, souvent attirée par le bouche à oreille. Il ne faut jamais oublier ceux qui nous ont mis au monde!
Autrement, nous vendons le reste de notre production via le réseau de la SAQ et dans les marchés d’alimentation. Depuis deux ans, une partie grandissante de la production, bien qu’encore modeste, est destinée à l’export.
R&B: Croyez-vous, dans l’avenir, le cidre a une chance de se tailler une meilleure place sur la table des Québécois?
MJ: Tout à fait et c’est déjà en train de se faire. Les consommateurs adoptent de plus en plus les cidres du Québec au même titre que les fromages d’ici, par exemple. On remarque d’ailleurs que la consommation de cidre est une tendance à la hausse un peu partout dans le monde et le Québec ne fait pas exception, surtout avec la qualité des produits qu’on y retrouve. En effet, je pense que le cidre est une boisson qui a des racines dans notre terroir – la pomme est un fruit bien de chez-nous – sans pour autant être reléguée à un usage folklorique. Le cidre produit aujourd’hui est perçu comme une boisson moderne et jeune, soutenue par le dynamisme et le sens de l’innovation de plusieurs producteurs. Depuis quelques années, les consommateurs se familiarisent donc de plus en plus avec cette boisson, et substituent de temps à autres leur bouteille de vin pour une bouteille de cidre.
R&B: Une fois embouteillé, le cidre a-t-il les mêmes caractéristiques de garde que le vin? Existe-t-il des particularités spécifiques aux « caves à cidre »?
MJ: C’est sensiblement la même chose que le vin blanc. Pour ma part, je préfère boire les cidres lorsqu’ils sont jeunes et frais pour que le goût de pomme soit franc. Les produits ayant un taux d’alcool plus élevé (environ 12% alc./vol.) peuvent parfois présenter de belles caractéristiques de vieillissement. Quant aux cidres mousseux, on parle d’environ 2 ans, un peu comme les champagnes : on ne les laisse pas trop vieillir!
R&B: En plus de vos succès avec le cidre, vous êtes l’un des seuls micro-distillateur au Québec, qu’est-ce qui vous a poussé vers cette diversification?
MJ: Je dirais qu’il y a deux raisons. D’abord, une certaine demande de la part de la clientèle qui cherchait un « Calvados québécois » et, ensuite, le défi. Il n’y avait aucun produit de ce type sur le marché québécois, j’aime le brandy et les nouveaux projets. Il n’en fallait pas plus pour que je me lance dans l’aventure.
R&B: Au début, a-t-il été difficile d’obtenir l’équipement et les permis nécessaires au projet ?
MJ: Je dirais que le parcours n’a pas été facile. Il a fallu au moins deux ans pour obtenir les permis et, surtout, beaucoup de recherches pour définir le genre d’alcool qu’on souhaitait produire, pour étudier et comparer les spiritueux qui se faisaient déjà en France, en Allemagne, en Italie. De plus, il a fallu trouver le type d’alambic le plus approprié pour nos besoins et le magasiner en Allemagne puisque la technologie n’était pas disponible au pays.
R&B: Votre brandy de pomme Calijo 3 ans est une petite merveille selon beaucoup d’amateurs et voici maintenant l’édition limitée XO huit ans, quand prévoyez-vous embouteiller une nouvelle édition « hors d’âge »?
MJ: En théorie, un brandy de 6 ½ – 7 ans est déjà considéré hors d’âge. Évidemment, comme on est encore une jeune microdistillerie (1999), ce n’est qu’une question de temps avant que nous puissions offrir à nos clients un hors d’âge de 15 ou 20 ans!
R&B: Quel type de verre et de conditions suggérez-vous pour déguster de manière optimale un brandy de pomme?
MJ: Notre brandy se déguste un peu à la manière d’un cognac, dans un verre ballon qu’on réchauffe et qu’on sirote tranquillement en le humant de temps en temps. Pour ma part, c’est bien relax en fin de journée, sur mon divan et devant le feu de foyer!
R&B: Un mot de la fin pour les amateurs de pommes fermentées qui lisent ces lignes?
MJ: Faites une place aux cidres du Québec dans votre cellier! Bien qu’on accorde beaucoup plus d’importante au cidre de nos jours, il reste du chemin à faire. Dans les dernières années, les gens ont découvert avec enthousiasme le cidre de glace, mais il y a aussi beaucoup d’autres types de cidres à découvrir (tranquilles, mousseux, spiritueux, etc.) ne serait-ce que ceux qui peuvent accompagner un repas.
Enfin, si je peux donner deux conseils aux gens :
1- Visitez les cidreries et demandez nos produits lorsque vous allez au restaurant et à la SAQ.
2- Surtout, ne laissez pas trop vieillir vos bouteilles : buvez-les et revenez nous voir!
*Image gracieuseté de la Cidrerie Michel Jodoin et Yannick Lévesque.
** Pour les lecteurs français, voici où vous pouvez vous procurer les produits Michel Jodoin sans prendre l’avion:
La Cave de Tolbiac
45, rue de Tolbiac
75013 Paris
Les Caves du Forum
10, rue Courmeaux
51100 Reims
Kanata
(cidres de glace seulement)







{ 1 trackback }
{ 0 commentaires… Ajoutez en un maintenant. }